Vendredi 27 juillet 2012 5 27 /07 /Juil /2012 11:08

A COLSON ON MALTRAITE ON TORTURE ON REND FOU ON TUE


  COMMUNIQUE

 

images--41-.jpg A Colson, l’unique établissement psychiatrique public de la Martinique, on maltraite, on torture, on rend fou et on tue des malades en souffrance psychique.

 

De tout temps, on sait, on a toujours su – même si on ne veut pas savoir - ce qui se passe derrière les murs décrépis de cet établissement psychiatrique que je n’appellerai pas Hôpital, où les malades deviennent fous, parfois meurent de maltraitance, de mauvais traitements et de tortures infligés par certains médecins et soignants. Il est temps de briser l’omerta.

 

Et je salue d’avance le courage de celles et ceux, en particulier soignants et médecins qui oseront avec nous dénoncer, dont certains ont démissionné ou fait l’objet de menaces de mort pour avoir exprimé leur désaccord quant à la prise en charge des malades.

 

Dans certains pavillons, la contention et l’enfermement en cellule d’isolement est quasi systématique. Ils annoncent d’ailleurs cyniquement la couleur : c’est le « protocole ». Irréfutable argument auquel on ne peut rien opposer. Inutile de demander pourquoi, comment, d’essayer de comprendre ce « protocole » absurde et totalement illégal. Toute mise en isolement devant faire l’objet d’une indication thérapeutique précise, d’un réel protocole et devant se justifier médicalement, pas en termes sécuritaires.

Il existe des hôpitaux psychiatriques où les chambres d’isolement n’existent pas. Preuve qu’on peut faire autrement.

Quant aux chambres d’isolement,  elles doivent répondre à des normes précises mais qu’importe. A Colson les placards à balai qui parfois en font office existent. Sans aucun confort, aucune sécurité : une fenêtre avec des barreaux par lesquels parfois passent les joints quand le malade est délié, pas de lavabo ni de WC, pas de sonnerie d’appel en cas d’urgence ou de malaise (la plupart des décès se produisent dans les chambres d’isolement, souvent par « arrêt cardiaque » pour ainsi pudiquement nommer des surdosages mortels de psychotropes), des lits souvent sans drap avec une alèse où des malades, pas forcément « agités » - mais comment ne pas l’être dans un tel environnement -  ligotés aux chevilles et aux poignets sont immobilisés pendant des jours, maintenus en cellule d’isolement parfois pendant des semaines, parfois privés de toute visite de leurs proches. Ainsi ligoté, pas moyen d’aller aux toilettes, on fait sur soi, baignant dans urine et excréments.

Récemment un malade est décédé suite à une contention « non contrôlée ». Les infirmières en cause viennent d’être relaxées.

Des malades restent en contention, parfois plusieurs jours SA NS AUCUN SOIN.

Brutalités et sévices physiques sont légion dans cet établissement et les décès pas rares. Pas rare non plus que les malades soient traités à coups de poing et de pied par des « soignants », y compris à l’Unité 72 du CHU (unité d’admission aux urgences psychiatriques avant le transfert à Colson), y compris dans le hall du Palais de Justice récemment où des malades « comparaissaient en audience » conformément à la Loi de Juillet 2011, un hall transformé en scène de pugilat soignants contre malades, un malade s’étant rebellé entraînant d’autres dans la révolte. Tout le beau monde au balcon assistant à la scène, certains sans doute amusés.

Et personne ne disant mot face au spectacle de malades roués de coups de pied et de poing. Pas d’enquête. Dans un Palais de Justice, haut lieu de justice !

 

CE SONT DES HOMMES !

 

Dont souvent tous les droits sont bafoués : droits du malade hospitalisé, droits de l’usager en santé mentale, DROITS HUMAINS élémentaires tout simplement. Et NUL N’IGNORE.

Que disent les médecins – à part de très rares exceptions - dont beaucoup sont des contractuels réduits au silence, pas assez courageux ou si peu concernés pour parler, dénoncer... 35 départs en 5 ans ! Quand on sait que le lien thérapeutique – mais de quoi parle-t-on – suppose une relative stabilité dans une équipe soignante pour mettre en confiance – mais de quoi parle-t-on – les malades. Et les soignants se taisent, préfèrent partir en extra-hospitalier ou complices de pratiques inacceptables, quand ils ne sont pas eux-mêmes les auteurs de cette maltraitance et de ces actes de barbarie.

Les jeunes infirmiers qui débarquent, sans aucune formation pour la psychiatrie (hormis 2 semaines par an pendant leurs 3 années de formation) se fondent dans le moule ou fuient Colson.

Dans cet établissement la maltraitance a été de tout temps institutionnalisée mais un cran de trop quand on torture et tue. Impossible de savoir le nombre de décès chaque année, l’info est verrouillée.

Ces dernières années, on a vu encore considérablement se dégrader et de façon scandaleuse les conditions d’hébergement et de prise en charge des malades déjà inacceptables auparavant.

 

Ce n’est pourtant pas faute d’argent mais les crédits alloués vont partout sauf à l’amélioration des conditions d’hébergement et de la qualité des soins, ce qui devrait être la priorité quand on sait l’état de délabrement et les nombreux dysfonctionnements de cet établissement.

Ces crédits sont en partie détournés au point que l’ARS exige aujourd’hui le remboursement de plus de 100.000 euros trop perçus par certains médecins payés pour des services non effectués, parfois même alors qu’ils étaient à l’étranger.

Et il n’y a pas que ces détournements-là. Les inspecteurs de l’IGAS qui viennent de passer au crible pendant deux mois les comptes de cet établissement en savent long ! Que font les syndicats complices qui n’en ignorent rien ? Que fait la Commission des Hospitalisations Psychiatriques inexistante ? Que fait l’ARS (Agence Régionale de Santé), l’autorité sanitaire de tutelle? Est-elle juste comptable du budget de l’Etat en demandant le remboursement des sommes indûment perçues ? Et les malades, qui s’en soucie ? Et la psychiatrie pratiquée dans cet hôpital QUI REND FOU ?

De quelles protections occultes bénéficient ceux qui doivent rendre des comptes ? Pas qu’à l’Etat… aux usagers, aux familles, aux élus et aux citoyens car il s’agit d’argent public.  

 

L’Association Equinoxe a transmis aux autorités sanitaires locales en 2007, ainsi qu’aux inspecteurs de la MNASM (Mission Nationale d’Appui en Santé Mentale) un rapport resté sans suite sur la qualité de la prise en charge psychiatrique afin que nul ne prétende ignorer. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer. Et pourtant dans les réunions de la CRU (Commission des Relations avec les Usagers) qui se réunit une fois tous les 18 ou 24 mois (au lieu de tous les trimestres) les responsables de l’établissement exhibent fièrement des « enquêtes de satisfaction » menées intra-muros par le personnel soignant avec un taux de satisfaction des usagers avoisinant les 100% dans tous les domaines : accueil, hébergement, soins, intendance (vêtements etc) ? L’hôpital modèle de France et de Navarre ! De qui se moque-t-on ?

 

 

Face à l’opacité de la gestion de cet établissement et de ses pratiques, face à l’omerta,

NOUS, Association Equinoxe (association de familles d’usagers de la psychiatrie) et la toute nouvelle Association d’Usagers de la Psychiatrie (qui invite les usagers à la rejoindre)

-  demandons que soient menées des enquêtes de satisfaction auprès des usagers hospitalisés par des personnes neutres, extérieures à l’établissement.

- recueillons dès maintenant les témoignages d’usagers, de familles, de soignants et de médecins courageux. REFUSEZ TOUS L’OMERTA.

- invitons tous ceux et toutes celles qui ont subi la violence institutionnelle de cet établissement à nous contacter pour nous faire part, si possible par écrit, de leur témoignage*

-  réitérons notre demande formulée depuis 2008 que des Etats Généraux de la Psychiatrie soient organisés afin d’engager l’incontournable débat de fond sur la psychiatrie, préalable à la vaste réforme de ce secteur de la santé si délaissé et qui doit accéder au 21ème siècle.

Il est temps que la santé mentale ne soit plus le parent pauvre du système de santé.

Et dans ce cadre-là, que la parole de TOUS, prioritairement usagers et familles, soit prise en compte et respectée. Un plan de santé mentale a été élaboré pour les 5 prochaines années à l’élaboration duquel ni usagers ni familles n’ont participé.

Ce n’est pas acceptable. ILS SONT LES PREMIERS CONCERNES.

 

A l’heure où le Centre Hospitalier de Colson doit se mettre aux normes en vue de son accréditation, il est essentiel de témoigner de la réalité de cette institution.

Au-delà des murs honteux dans lesquels sont accueillis les usagers, de dénoncer les pratiques inacceptables et inhumaines qui depuis trop longtemps ont eu cours et ont encore cours dans cet établissement, de dénoncer la stigmatisation des malades sur le lieu même où ils sont sensés être soignés.

 

* Un rapport regroupant les témoignages reçus sera transmis aux plus hautes autorités sanitaires locales et nationales ainsi qu’à nos députés et autres élus.

Pour les témoignages, envoyer par mail : yolene.dev@wanadoo.fr.

Ils pourront demeurer anonymes aux tiers si leurs auteurs le souhaitent.

Un n° de tel fixe et GSM vous seront transmis prochainement et des permanences des deux associations (usagers et familles) débuteront début juillet. Nous vous informerons des jours, lieu et heures également. 

Nous invitons celles et ceux qui se sentent concerné(e)s à rejoindre l’Association Equinoxe qui, outre les familles d’usagers, accueille aussi sympathisants et bénévoles.

NUL N’EST A L’ABRI d’un trouble psychique.

 

 

 

Par O'PANGA
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

LAGWIYANN NÒV AKISA SA?

 



BRIGA


Kont kolonyalis-ya
Kont sé néokolonyalis-ya
Ki ka défann  intérè
Di l'éta kolonyalis fransé-a
Intérè ki oposé a intérè di pèp gwiyanné-a
O' PANGA
A LAGWIYANN NÒV
KI LA!

Présentation

Recherche

Calendrier

Octobre 2014
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés